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Quand ARISTOTE se penchait sur la cité idéale des abeilles…

Les abeilles sont au centre des discussions depuis l’Antiquité. Aristote, un philosophe grec de l’Antiquité (cf vos cours de philosophie de terminal), parlait déjà des abeilles comme des êtres intelligents et divins. Il compare même la ruche à un microcosme, c’est-à-dire “une image réduite du monde/ de la société”.

Quand ARISTOTE se penchait sur la cité idéale des abeilles…

Les abeilles existent depuis plus de 100 millions d’années, mais il faut attendre le IVe siècle avant notre ère pour qu’un savant, ARISTOTE, se penche sur ce petit monde, dans son Histoire des animaux (vers 343 avant J-C).

Nous nous sommes replongés dans son œuvre, la première du genre dans l’Antiquité qui entend « classer » les espèces animales. « Prudentes, politiques, divines », rien que ça !…. C’est ainsi que notre philosophe décrit ces insectes fascinants, mais pourquoi exactement ? C’est ce que nous tenterons de résoudre. Pas folle, l’abeille !

En effet, pour ARISTOTE, ces architectes de renom ne cessent de penser à leur survie et à la perpétuité de leur espèce.

Eh oui, c’est pour cela qu’elles stockent autant de miel (eh ce n’est pas que pour nous, ce miel !) car elles en ont besoin durant les longs mois d’hiver. Toute ressemblance avec une certaine fourmi rencontrée au détour d’une fable serait purement fortuite !

L’abeille est vitale pour la survie des plantes en les pollinisant et ces mêmes plantes lui permettent de se perpétuer. Elle pense à tout, notre abeille ! Cette harmonie avec le « cosmos », l’univers), l’homme l’avait bien comprise lorsqu’il a domestiqué ces petites bêtes. Elles sont non seulement prudentes et pensent à elles-mêmes, mais elles peuvent également nous donner leur miel et donc faire preuve d’altruisme !

Ce miel qu’elles nous donnent est d’autant plus important qu’il ne périme pas et peut nous soigner.

Une politique mielleuse

Les Abeilles vivent en groupe, cela, tu le savais déjà, mais savais-tu que tout ce petit monde n’avait pas le même rôle ?

Il existe donc au sein de la ruche, au-devant de la scène, une Reine, mère de toute l’essaim, puis les fidèles et indispensables ouvrières réalisant les mille et une taches de la ruche, des gardes (la police de la colonie), des faux-bourdons, qui pour ARISTOTE sont de véritables paresseux, sans utilité pour la ruche (il en faut bien dans toute société !…).

Si nous devions comparer cette société bourdonnante à un régime politique humain, alors on se rapprocherait d’une monarchie absolue, avec une reine (ARISTOTE dit « un roi » !) à laquelle ses sujets obéissent aveuglément, sans la moindre anicroche, chacune trouvant naturellement sa place dans ce petit monde utopique. Même si leur couleur s’y prêterait, point de gilets jaunes chez les abeilles !… God save the bee !…

Divines abeilles

Selon ARISTOTE, les abeilles sont parfaites de naissance, car elles habitent un monde parfait. Mais ce cher Aristote ne s’est pas gêné non plus pour dire que l’abeille était au sommet du monde animal, ou que l’abeille ne se reproduisait pas, était asexuée, d’où la pureté de l’animal. Les abeilles seraient aussi divines par leur faculté à récolter du miel, un des mets des dieux, qui selon ARISTOTE tombe du ciel : c’est la « rosée du ciel », que les abeilles recueillent de bon matin.

LES « BOURDES » D’ARISTOTE !…. BZZ……BZZZ !………

Nul n’est parfait ! S’il a merveilleusement décrit le petit monde des abeilles, Aristote s’est aussi beaucoup trompé.

Il faudra attendre le XVIIe et le XVIIIe siècle pour que ces erreurs soient corrigées ! Voici quelques-unes de ses « gaffes » !

Les abeilles ont un « roi »!

Jusqu’au Siècle des Lumières, l’exercice du pouvoir est lié au sexe masculin. Ce modèle humain est projeté sur la ruche des abeilles, souvent comparée à la société des hommes. Il est donc convenu que la ruche est gouvernée par un roi. Or, les progrès de la connaissance scientifique inversent complètement les représentations: le « roi des abeilles » se révèle être une reine; les « nobles mâles » sont des abeilles femelles portant un dard; et les mâles, sans dard, sont improductifs et gloutons !


Les abeilles n’ont pas de sexe !

Oui, les abeilles ont un sexe comme les autres animaux.

On distingue chez les abeilles des individus mâles et femelles.
Mais, alors que les mâles sont tous semblables, les femelles se divisent en deux castes caractérisées par d’importantes différences anatomiques et physiologiques : l’une est représentée par la reine, l’autre par les ouvrières.
On trouve habituellement dans une ruche de 40000 à 60000 ouvrières, quelques centaines de mâles ou faux-bourdons, et une reine unique.

Les ouvrières sont des femelles ordinairement stériles. Elles peuvent cependant, dans certaines circonstances, pondre des œufs, qui se développent normalement. Mais les œufs des ouvrières ne donnent naissance qu’à des mâles. L’anatomie des ouvrières leur interdisant tout accouplement, leurs œufs ne sont jamais fécondés. Dans le cas des abeilles, un œuf non fécondé donne toujours naissance à un mâle ; un œuf fécondé à une femelle.

Une reine bien portante, au contraire, est capable, de s’assurer une progéniture des deux sexes en pondant à volonté des œufs fécondés ou non.

Les abeilles ne se reproduisent pas !

La question de reproduction chez les abeilles est assez difficile. Nous savons que seule la Reine est fertile et si ses œufs sont fécondés par des mâles, on retrouvera plus tard des abeilles femelles. Cependant, si les œufs de la reine ne sont pas fécondés, ils donneront naissance à des abeilles mâles.

Les faux-bourdons ne sont que des parasites, ils ne servent à rien dans une ruche !

Ils sont peu nombreux. Mais ils ne servent pas complètement à rien, En effet, ils servent à féconder la reine. En revanche, il est vrai qu’au sein de la vie de la ruche, ils ne sont pas très utiles. En effet, ils ne butinent pas, ne nettoient pas, ne défendent pas la ruche… Mais ils mangent du miel ! En dehors de la période d’accouplement, ils contribuent tout de même à entretenir de la chaleur ou de la fraîcheur dans la ruche. Ils dépendent des ouvrières pour être nourris.

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